L’attaque initiale allemande

Dès janvier 1916, des aviateurs français avaient détecté des préparatifs allemands pour l’offensive de Verdun, et le 11 février 1916, un officier de renseignement français découvrit un regroupement de troupes allemandes sur la rive droite de la Meuse. Comme les commandants français étaient presque exclusivement concentrés sur leurs propres plans d’offensive, leurs efforts hâtifs pour renforcer les défenses de Verdun étaient presque trop tard. Au cours des dix jours suivants, des milliers d’hommes et des dizaines de canons ont été déplacés vers Verdun pour s’opposer à l’attaque allemande attendue. Confrontés à un défi logistique de taille – les principales lignes ferroviaires menant à Verdun ont été coupées ou subissent un barrage constant de l’artillerie allemande – les officiers français organisent une chaîne d’approvisionnement motorisée d’une ampleur sans précédent, transportant hommes et matériel vers le front dans une flotte de plus de 3 000 camions. La route de terre de 57 km reliant la tête de ligne de Bar-le-Duc à Verdun est connue sous le nom de Voie Sacrée pour son rôle essentiel dans la défense française.

À 7 h 15 le 21 février, les Allemands commencent un bombardement massif d’un front de 40 km de long, du Bois d’Avocourt à Étain. Vers 16 h 45, la première attaque d’infanterie allemande est lancée, d’abord par des équipes d’éclaireurs qui évaluent les dégâts causés par le premier barrage. Si les défenses françaises n’ont pas été brisées dans une zone donnée, les éclaireurs se retirent et dirigent des bombardements supplémentaires. Les ingénieurs de combat suivaient ensuite, avant le corps principal de l’avance. Les troupes allemandes réalisent des gains importants à la fin de la première journée, occupant le Bois d’Haumont et pénétrant les lignes françaises. Le lendemain, les Allemands capitalisent sur leurs gains, repoussant une contre-attaque française. Le village d’Haumont est rasé par les tirs d’artillerie, et le 23 février, les villages de Brabant-sur-Meuse, Wavrille et Samogneux sont aux mains des Allemands. En trois jours, les Allemands ont envahi la première ligne de défense française, et les deux camps renforcent leurs positions à la hâte. Des milliers de troupes françaises, placées dans des positions intenables en rase campagne, sont presque immédiatement éliminées du champ de bataille. Le 24 février, les Allemands tentent d’avancer depuis leur position à Samogneux, mais ils sont immobilisés par l’artillerie française. Le reste de la ligne allemande a balayé le deuxième rang des défenses françaises, capturant Beaumont, le Bois des Fosses et le Bois des Caurières et avançant sur le fort clé de Douaumont. Ce soir-là, le commandant français à Verdun, le général Joseph-Jacques-Césaire Joffre, surnommé le « vainqueur de la Marne », est écarté en faveur du général Philippe Pétain.

Pétain amène une nouvelle armée – la Deuxième – au combat et, le 25 février, il se voit confier la redoutable tâche de tenir la rive droite de la Meuse. Les plans initiaux prévoyaient de regrouper les forces françaises sur la rive gauche afin de s’opposer à un passage allemand, mais le haut commandement français décréta rapidement qu’une nouvelle ligne défensive, s’étendant des hauteurs de la rive est de la Meuse jusqu’au village de Douaumont, devait être tenue à tout prix. Alors que la défense française est réorganisée, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont qui n’est pas défendu, sans doute le plus formidable des points d’appui entourant Verdun. Huit mois s’écouleront et beaucoup de sang sera versé avant que les Français puissent reprendre le fort. La résistance française se durcit cependant au cours des jours suivants, et l’avance allemande ralentit. Les aviateurs français reprennent le contrôle de l’air au-dessus du champ de bataille, et Pétain déploie des centaines de pièces d’artillerie à Verdun, reliant bon nombre des nouvelles batteries par téléphone. Les 26 et 29 février, quelque 500 000 soldats allemands assaillent le village de Douaumont, mais les défenses françaises résistent.

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