Le vent tourne à Verdun

Les préliminaires de la grande offensive franco-britannique sur la Somme commencent le 24 juin par un barrage d’artillerie d’une semaine. L’assaut général de l’infanterie alliée commence le 1er juillet, et les Britanniques subissent près de 60 000 pertes – dont 20 000 tués – au cours de la seule première journée. Le 11 juillet, les Allemands lancent une nouvelle attaque sur Verdun, attaquant la ligne de Vaux à Souville avec 12 régiments. L’avancée s’effondre sur les pentes de Souville, et une autre attaque allemande le 1er août échoue. Les Français reprennent Thiaumont le 3 août et Fleury le jour suivant, les Allemands reprenant Thiaumont le 8 août. Les combats locaux se poursuivent tout au long du mois, et la dernière attaque allemande importante, le 3 septembre, ne donne aucun résultat. La période active de la bataille de Verdun s’achève ainsi.

Du 21 février au 15 juin, l’armée française avait engagé 66 divisions à Verdun ; en décembre 1916, environ 75 % de l’armée française avait combattu sur la Meuse. De février à juillet, les Allemands avaient utilisé 43 divisions. Les canons français à Verdun ont tiré plus de 10 000 000 d’obus avec l’artillerie de campagne, plus de 1 000 000 d’obus de moyen calibre, et 600 000 d’obus de gros calibre. Au terme de cette énorme dépense de sang et d’argent, les lignes n’ont guère changé par rapport à ce qu’elles étaient au début de février.

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En septembre, le général Charles Mangin, qui commandait depuis le 22 juin une section de la ligne défensive française allant de Fleury à la rive droite de la Meuse, propose un plan pour libérer la région de Verdun. Nivelle approuve, et cette offensive est lancée le 21 octobre par un barrage d’artillerie sur un large front. Un assaut d’infanterie a suivi le 24 octobre, avec trois divisions avançant derrière un barrage d’artillerie rampant. Le soir même, les Français avaient repris Douaumont avec 6 000 prisonniers allemands, et le 2 novembre, le fort de Vaux était à nouveau aux mains des Français. Mangin est un stratège doué, mais il est généralement considéré comme un dépensier lorsqu’il s’agit de la vie de ses hommes, et son engagement dans la guerre offensive à tout prix lui vaut le surnom de « Boucher ».

Afin d’exploiter ses succès, Mangin prévoit d’attaquer à nouveau le 5 décembre sur un front de 6 miles (10 km) sur la rive droite, avec l’intention de reprendre d’un seul coup l’ensemble de l’ancienne deuxième ligne française, perdue le 24 février. La préparation de l’artillerie commence le 29 novembre par un barrage de 750 canons. Le mauvais temps intervient cependant, retardant le plan et permettant aux Allemands d’apprendre son existence, de sorte que l’effet de surprise est perdu. Les Allemands lancent une violente offensive le 6 décembre pour tenter de devancer l’assaut français et capturent la cote 304. Le 9 décembre, le beau temps revient et Nivelle recommence le barrage préparatoire. Les batteries françaises et allemandes se livrent à des duels d’artillerie, et au-dessus du champ de bataille, les pilotes se disputent la suprématie du ciel. Le 15 décembre à 10 heures du matin, l’attaque est lancée. Le contrebarrage allemand commence deux minutes trop tard, et quatre divisions françaises se lancent à l’assaut des lignes allemandes. A la tombée de la nuit, elles ont repris la totalité de la colline de Poivre. La ligne d’avance passe devant la cote 378, s’arrête à 20 mètres au sud de la ferme de Chambrettes, puis tourne vers le sud à travers le Bois d’Hardaumont et le Bois la Vauche jusqu’aux ouvrages défensifs de Bezonvaux. Les Français ont capturé et détruit 115 canons et fait 9 000 prisonniers. Cet engagement, connu sous le nom de bataille de Louvemont, s’achève le 18 décembre avec la reprise de Chambrettes et la capture de plus de 11 000 prisonniers allemands. Ceci marque la fin de la bataille de Verdun.

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